Les historiens distinguent plusieurs vagues successives, aux doctrines et aux bases sociales distinctes, que le terme unique d'extrême droite recouvre imparfaitement.
Née en réaction à 1789, elle est monarchiste, catholique et antiparlementaire. Maistre et Bonald en formulent les thèses ; en France, l'Action française de Maurras en constitue au début du vingtième siècle la principale héritière intellectuelle.
L'entre-deux-guerres voit apparaître des mouvements de masse, révolutionnaires dans la forme et hostiles au libéralisme comme au communisme. Les historiens débattent depuis des décennies de l'existence d'un fascisme générique et de la place qu'y occupe le nazisme, dont l'antisémitisme d'État et l'extermination constituent une singularité.
Marginalisés par la défaite de 1945, ces courants se reconstituent lentement. À partir des années 1980, plusieurs partis européens accèdent à une audience électorale durable, en déplaçant leur discours vers l'immigration, la sécurité et la souveraineté.
Les politistes emploient des termes distincts : extrême droite, droite radicale populiste, national-populisme. Ces distinctions portent sur le rapport à la démocratie électorale et sur la nature du projet, et elles sont discutées.